L'économie collaborative, un modèle alternatif d'utilisation des ressources

Un article publié par Nature présente une approche alternative de gestion et d'utilisation des ressources : l'économie collaborative (sharing economy), aussi appelée « économie du partage ».

Qu'est-ce que l'économie collaborative?

Le Quotidien.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., le bulletin de diffusion officiel des données de Statistique Canada, définit ce modèle comme « une activité facilitée par les plateformes numériques dans laquelle les gens louent leurs compétences (par exemple, la conduite automobile ou des compétences informatiques) et offrent leurs ressources (par exemple, une propriété ou une voiture) en échange de montants d'argent ».

 Par ailleurs, Statistique Canada estime qu'au Canada, 9,5 % des personnes âgées de 18 ans ou plus ont participé à l'économie du partage entre les mois de novembre 2015 et d'octobre 2016 en utilisant des services de transport entre particuliers ou des services de location de logements privés.

À l'échelle québécoise, le rapport final du Groupe de travail sur l'économie collaborative mis sur pied en février 2018 relève quatre caractéristiques fondamentales de l'économie collaborative :

  • l'utilisation de la capacité excédentaire;
  • l'usage plutôt que la propriété;
  • la multiplicité des fonctions d'un bien ou d'un service;
  • la dématérialisation des intermédiaires grâce aux plateformes numériques.

Si le modèle collaboratif existe surtout dans les secteurs du transport et de l'hébergement, il s'étend à de nouveaux secteurs. Une entreprise chinoise.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. propose par exemple un service de location de cuisines partagées pour les restaurants qui souhaitent concentrer leurs activités sur la livraison à domicile.

L'article publié par Nature indique que le modèle collaboratif serait une solution de rechange bénéfique pour la communauté et qu'il procurerait un gain en matière d'efficience et de durabilité. La réduction de la quantité totale de ressources utilisées qui découle de cette approche permet notamment de diminuer la quantité de polluants et l'empreinte carbone.

Ces avantages environnementaux peuvent aussi se traduire par des bénéfices pour la santé publique. En effet, si un quart des trajets étaient effectués à vélo en Europe, plus de dix mille morts prématurées pourraient être évitées chaque année.

Toutefois, selon l'article, certaines études soulèvent des doutes quant aux bénéfices réels de l'économie collaborative en suggérant de possibles effets indésirables. Dans le cas d'un service de partage de vélos, par exemple, on pourrait observer une augmentation de l'usage des véhicules motorisés si le nombre de vélos n'est pas géré correctement.

Recommandations

À la suite de ces réflexions, les auteurs de l'article ont émis une série de recommandations afin d'assurer et de maximiser les bénéfices potentiels de l'économie collaborative. Celles-ci s'adressent à la fois aux gouvernements, aux entreprises et aux consommateurs dans une optique de collaboration et de coordination des initiatives.

L'article recommande que les autorités publiques soutiennent les fournisseurs de services collaboratifs au moyen d'incitatifs économiques (diminution des taxes ou subventions) et non économiques (campagnes de communication ou étiquetage). De plus, seuls les fournisseurs ayant passé une analyse du cycle de vie qui estime les impacts environnementaux associés à toutes les étapes de vie de leur produit devraient pouvoir bénéficier de ce soutien. En ce sens, les gouvernements devraient déterminer les modèles de partage qui sont les plus profitables à la société.

Selon les auteurs, une autre responsabilité qui est attribuée aux gouvernements consiste à surveiller les nouvelles initiatives en économie collaborative afin d'éviter une expansion excessive d'un même service. Par ailleurs, les auteurs soulignent l'importance d'étudier l'incidence structurelle de ce nouveau modèle, notamment ses conséquences sur les entreprises existantes qui suivent l'approche traditionnelle.

En ce qui concerne les entreprises, l'article indique que leur engagement est primordial. Elles devraient ainsi inclure la protection de l'environnement et l'amélioration du bien-être sociétal dans leurs responsabilités d'entreprise et éviter de voir l'économie collaborative seulement comme un moyen de marketing profitable. Par ailleurs, selon les auteurs, les entreprises devraient fournir toutes les informations utiles aux consommateurs en matière de durabilité afin qu'ils puissent faire des choix éclairés.

L'article mentionne que les consommateurs ont aussi un rôle important. Il est de leur responsabilité de se sensibiliser aux questions environnementales et de faire de la durabilité un facteur principal dans leurs décisions.

Pour en savoir davantage à ce sujet :

Texte intégral tiré du bulletin de veille VECTEURS (Édition du 9 avril 2019) du Ministère de l'Économie et de l'Innovation.  
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  • Dernière modération le 09/04/2019 - 21:19

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